Playstation 4: Nous, nous sommes très enthousiastes !

Le 20 février dernier, Sony a donc comme prévu présenté sa prochaine console, qui s’appellera (surprise) … la Playstation 4. Malgré mon excitation et ma curiosité, je n’ai pas pu assister en « live » à la conférence donnée par Sony, la faute à un agenda assez chargé le lendemain (tôt le) matin. Au réveil, en checkant Twitter, j’ai été pris de panique : quasiment que des avis négatifs accolés au mot-dièse PS4. Avec un tel bashing de la part de ma TL, Sony avait du royalement se planter. Pourtant, en épluchant minutieusement les sites spécialisés et en visionnant l’essentiel des vidéos, j’ai été sacrément rassuré. Voir carrément enthousiaste après analyse complète de la conférence ; alors pourquoi un tel déchaînement sur la présentation de la Playstation 4 ?

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Je ne sais pas à quoi s’attendaient les blasés qui hurlaient, le lendemain, que Sony leur avaient « volé 2 heures de temps avec une conférence merdique ». Des jeux holographiques ? Un pad greffé au cerveau ? Un monstre technologique ultra coûteux, pour râler ensuite sur le prix?

Alors :

Oui, la conférence a certainement manqué d’un jeu vraiment marquant.

Oui, le bond technologique sera moins évident qu’entre les deux précédentes générations.

Oui, un wow effect aurait sans doute donné un gros coup de fouet à cette présentation

Oui, la console n’a pas été physiquement présentée

Oui, les jeux montrés sont soit déjà connus, soit issus de licences pas unanimement reconnues.

Mais à côté de ça, les excellentes nouvelles furent nombreuses. Mais comme souvent en France, le verre ne peut être qu’à moitié vide… Surtout avec Sony, à qui on ne laisse plus  rien passer malgré des efforts conséquents pour faire oublier les mauvais débuts de l’ère PS3. Chaque marque a le droit d’avoir des passages à vide, et les gamers qui souhaitent que Sony «disparaisse» devraient juste se mettre à imaginer ce que serait le marché du jeu vidéo avec un seul acteur en position de force…  J’espère donc sincèrement que la présentation finale à l’E3 mettra tout le monde d’accord, et surtout que la prochaine génération de machines soit accueillie avec pragmatisme et enthousiasme, plutôt qu’avec fanatisme et rejet.

Maintenant penchons-nous sur ce qu’a montré Sony:

Social gaming

Déjà, Sony a carrément changé le ton de son discours. Fini la supposée arrogance, le nombrilisme et l’absence de remise en question. Place l’humilité, l’écoute et le pragmatisme. Au cœur de leurs préoccupations : les joueurs. Comme on l’avait prédit ici même, la PS4 fera la part belle aux gamers. La présentation n’a d’ailleurs quasiment pas montré de jeux casuals. Les joueurs seront donc bichonnés, et ça passe d’abord par une nouvelle interface beaucoup moins froide que le xmb, et plus fluide que le PSN d’aujourd’hui. Si peu de choses ont été montrées, il nous a été assuré qu’on commencerait instantanément à jouer à un jeu ou une démo achetée en ligne, le téléchargement et l’installation se faisant en fond. Une très bonne chose assurément.

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Cette nouvelle interface apprendrait de l’utilisateur pour l’orienter dans ses choix, en checkant aussi ce qui plait à nos amis. Les fonctionnalités sociales ont ainsi été pensées pour répondre à de nouveaux besoins, et je pense que beaucoup apprécieront le fait de pouvoir faire une capture d’écran à la volée ou live-tweeter leurs achievments. Encore plus cool : broadcaster ses parties, ce qui plaira énormément aux désormais incontournables Youtubeurs ou, mieux, pouvoir regarder ses amis jouer en live via le Psn.

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Des features vraiment innovantes et originales, d’ailleurs le bouton share du Dualshock 4 (on y reviendra) est un symbole fort de cette nouvelle orientation.

Enfin, les jeux d’occasions ne seraient pas bloqués et nul besoin de connexion internet obligatoire pour faire tourner la PS4. Un signe fort pour les joueurs, alors que les rumeurs laissaient à penser l’inverse.

Specs

Pas de surprise du côté des spécificités : Cpu à 8 cœurs, 8GB de ram, carte graphique avec 18 unités de traitement… l’architecture a été pensée, en prenant conseil auprès des développeurs, pour que le processus de création soit simple et rapide. Proche des PC, la PS4 ne devrait pas être trop différente non plus de la prochaine Xbox, ainsi les portages seront faciles, et les développeurs pourront aisément tirer le meilleur du hardware. Une révolution par rapport au fameux Cell de la PS3, dur à dompter et compliqué à programmer. Et à ce qui se murmure, les studios qui ont accès aux kits de développements seraient vraiment contents et enthousiastes… surtout par les 8GB de GDDR5, bref, de bonne augure pour nous les joueurs !

Les autres specs sont toutes dans les normes de ce qu’il se fait aujourd’hui : ports Usb 3.0, wifi N, gigabit ethernet… Le Blu-Ray est toujours là, la 3D aussi mais l’accent sera certainement mis ailleurs… Quand au 4k ou Ultra HD, ce sera pour uniquement pour les films.

Dualshock 4 et Eye-Camera

Amélioré à dose homéopathique depuis sa première itération en 1995, le pad Playstation se voit pour la première fois lifté en profondeur. Sans renier son ADN, il prend enfin ses distances avec ses aïeux et proposera un tas de nouveautés.

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Sa forme semble plus ergonomique, il a gagné en largeur et en épaisseur, afin de mieux tenir en main, et le revêtement arrière change, au profit d’une matière adhérente.

Sur le devant, exit les historiques boutons start et select, bienvenue aux boutons options et share, placés sur le haut du pad. Le premier remplacera sans doutes les deux bannis, quand au second il sera le raccourci vers les fonctions sociales et de partage de la Playstation 4.

La grosse nouveauté vient d’un pavé tactile qui se loge au dessus des deux sticks analogiques. Ce touchpad capacitif à deux points de contact permettra des gameplays innovants et certainement des navigations plus aisées dans certaines applications (PSn, Navigateur…). On attendra les premières  démonstrations pour en savoir plus.

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La croix directionnelle Sony, les boutons croix, carré, triangle, rond, L1, L, R1, R2, Home ainsi que les deux sticks analogiques rempilent. Ces derniers sont désormais concaves et beaucoup plus précis ; quand aux gâchettes elles deviennent à leur tour analogiques, comme sur l’excellent pad Xbox 360. Les fonctions gyroscopiques et le sisaxis font également leur retour avec un boost de performance.

Des améliorations discrètes donc, mais vraiment pertinentes.

Enfin, sur le dessus, une diode triangulaire qui n’est pas sans rappeler la boule du PS Move fait son apparition. Son utilisation est encore floue, on parle de pouvoir identifier chaque joueur, mais ce sera de toutes façons lié à la nouvelle eye-camera, possiblement vendue de série avec toute PS4. Avec deux viseurs de 1280 x 800, des microphones embarqués, la possibilité de découper le joueur de son environnement, une reconnaissance faciale et une compatibilité avec les PS Moves, Sony ne laissera pas Microsoft s’embarquer seul dans le motion gaming.

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Cloud, applications smartphones/tablettes et PS Vita

Avec le rachat de Gaikai l’an dernier, Sony a anticipé une tendance qui se généralisera sans aucun doute dans les prochaines années: n’importe quel jeu streamé partout, tout le temps, quelque soit le périphérique à proximité (navigateur web, smartphone, box tv, console portable…). A l’honneur lors de cette conférence par le biais de son fondateur David Perry, le service Gaikai intégré à l’écosystème Sony permettra en premier lieu d’accéder sur PS4 aux jeux PS1, 2 et surtout 3, la rétrocompatibilité n’étant physiquement  pas possible. D’y jouer sûrement aussi ailleurs que sur sa Playstation 4, mais pour le moment aucun détail n’a filtré. Si l’on pense immédiatement à la Vita, aux navigateurs web et aux tv connectées, certains espèrent aussi que les tablettes et smartphones seront pris en compte ; même si l’absence de contrôleur physique risque souvent de poser des problèmes de jouabilité. En tous cas l’idée fait son chemin et Sony ne se limitera plus à son propre écosystème. Seul petite ombre au tableau: ces fonctionnalités là ne seront pas disponibles dès le lancement, mais elles arriveront dans les 12 mois suivant la fenêtre de sortie.

Téléphones et tablettes ne seront pourtant pas en reste : absolument incontournables aujourd’hui, Sony s’y implantera dès le lancement de la PS4 via des applications dédiées.  Accès et achats sur le PSN, interactivité avec ses amis, accès aux machines à distance et fonctions sociales seront de la partie, et c’est une excellente nouvelle. Mais on parle surtout d’une fonction second screen: consultation du psn ou du navigateur alors que le jeu tourne sur la tv, interactivités dans les jeux, chat avec ses amis… les utilisations possibles sont nombreuses, et suivent la voie tracée par Microsoft avec son application Smartglass, tout en poussant le concept près de ce que propose Nintendo avec le pad de la Wii U.

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Cerise sur le gâteau: le remote play sera également possible si l’on possède une PS Vita. Et pour le coup, Sony ambitionne que ce service soit disponible dès le lancement, et qu’il concerne l’intégralité du catalogue de sa Playstation 4. Même si on l’attendait pour la PS3, c’est assurément un très gros coup qui laisse entrevoir un peu d’espoir pour la dernière portable de Sony. Gageons que cela fonctionne mieux que sur Wii U, avec une portée plus grande. Les détails techniques n’ont pas filtré, il faudra patienter jusqu’à l’E3 pour en Savoir plus, comme pour beaucoup de services associés à la PS4 présentés cette semaine.

Les Jeux 

C’est surement le point qui a le plus déçu les gens : entre ceux qu’on avait déjà vu (Wach Dogs), ceux déjà annoncés (Destiny) et ceux qui n’ont montré qu’une cinématique (Infamous «3»), pas facile de surprendre un auditoire qui attendait désespérément au moins UN jeu marquant.

Ce sera visiblement pour plus tard ; malgré les bonnes présentations de Deep Down (un jeu Capcom à l’esprit très Skyrimien) ou du prochain Killzone, les joueurs sont restés sur leur faim.

Il faudra à Sony une vraie killer-app, qui puisse en mettre plein la vue et démontrer pleinement l’écart entre la PS3 et la PS4… car malheureusement tous les jeux montrés n’avaient rien d’extraordinaire visuellement. Plus propres, détaillés et fluides que les jeux actuels certes, mais pas assez pour combler les attentes propres à un saut générationnel.

Parmi les autres présentations, un jeu de sculpture basé sur les mouvements du PS Move, Knack et son ambiance enfantine,  un visage animé par David Cage, ou encore The Witness, le prochain bébé du papa de Braid…  mais toutes furent trop courtes pour pouvoir se faire un avis, et aucune n’aura vraiment marqué les esprits.

Notre Avis

Si Sony a commis une erreur, c’est surtout de ne pas avoir montré au moins un jeu définitivement au dessus du lot, qui puisse cristalliser tout ce dont on espère pour la prochaine génération. Parce qu’entre les cinématiques, les présentations de moteur, les titres multi-supports ou les petits jeux qui pourraient tourner sur PS3, concrètement nous n’avons guère eu qu’une séquence du prochain Killzone à se mettre sous la dent. Alors certes c’est beau, propre et assez impressionnant, mais cette licence ne fait rêver personne, et n’a pas le même capital sympathie qu’un Uncharted ou un God of War. Nul doutes que Sony garde ses meilleures cartouches pour l’E3, mais un petit quelque chose en plus aurait été le bienvenu…

A l’inverse de beaucoup, je ne suis pas frustré de ne pas avoir vu la machine en elle même – je préfère que Sony prenne son temps pour faire un bel objet- puis ça nous laissera encore rêver un peu d’ici l’E3.

Pour tout le reste, Sony m’a réellement séduit avec ce discours résolument moderne et adapté aux envies des joueurs d’aujourd’hui.

Fini la course à la technologie, place à la facilité de programmation.

Fini la froideur du xmb, place au partage aux interractions sociales.

Fini le duashock d’hier, place à une évolution pragmatique du pad sony.

Fini l’écosystème fermé, place à l’ouverture sur smartphone et tablette.

Les nombreuses bonnes idées qui émergent de cette conférence me donnent beaucoup d’espoir quand à la qualité du jeu vidéo pour ces prochaines années. Sony s’est pris suffisamment de claques depuis la sortie de la PS3 pour comprendre qu’il fallait en finir avec  les habitudes d’hier, héritées d’une situation de domination sans partage qui avait certainement rendu la marque arrogante et trop sûre de son fait. Conçue et présentée par un Américain, la PS4 marque certainement une rupture dans la stratégie de Sony. Humilité, écoute, respect semblent être les valeurs de la prochaine Playstation. Les grands gagnants dans tout ça ? Les joueurs, qui seront le coeur des préoccupations de Sony, bien décidés à récupérer son trône pour les prochaines années.

Et tant pis si Microsoft débarque avec un Illumiroom et un Kinect 2, des wow-effects dans le genre de ceux que certains auraient aimé voir lors de cette présentation: Sony sait que ce qui lui fera gagner la bataille, ce sont les jeux, non plus des effets de manche.

Et ça, c’est déjà une petite révolution en soi.

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