Avis de décès: le rêve de la machine unique (1995-2012)

Canapé, famille affalée, 

Table basse, APN, tablette, MacBook et tasse à café,

Tables gigognes, box internet, 3DS et téléphone raccroché,

TV, meuble assorti,  AppleTv, Home Cinema, caisson de basse et console HD,

Rideaux levés, salon éclairé, le décor est planté.

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A la lumière de cette énumération d’appareils, résonne un graal que tous les grands noms de l’électronique et du divertissement souhaiteraient voir émerger de leur laboratoire de Recherche & Développement : la machine unique, l’appareil à tout faire, le media center ultime, l’arme de distraction massive, l’objet capable de répondre aux besoins grandissants des utilisateurs (=consommateurs) que nous sommes. A l’heure actuelle, peut-on soutenir qu’un acteur majeur de l’industrie est en mesure d’y répondre par l’affirmative…Non.

C’est certes brutal, mais ça mérite d’être nuancé, bon nombre de progrès ayant été réalisés, en la matière, au cours de ces dernières années. Initialement, chaque appareil occupait un secteur distinct dans l’industrie du divertissement, les concurrents étaient clairement identifiables en l’absence de notion de «cross media». En un sens, la Playstation 2 a, dès l’an 2000, ouvert le champ des possibles en intégrant, à sa console de jeu, un lecteur DVD : une machine pour deux usages. Sans doute était-ce un des facteurs expliquant son succès commercial, outre sa ludothèque pléthorique.

Aujourd’hui, rétrospectivement, cela peut sembler anodin, tant notre quotidien s’est vu, depuis, organisé autour d’appareils aux performances et possibilités croissantes, offrant à tout à chacun le loisir de consommer ses media à l’envie, à toute heure et en tous lieux. En cela, impossible de ne pas évoquer l’essor des smartphones qui en viennent presque à reléguer en second plan, une de leurs fonctionnalités premières : la téléphonie. C’est vrai, en voilà un terminal aux multiples facettes accessibles dans la pomme de sa main : messagerie électronique, internet, jeux, musique, vidéo, photos, réseaux sociaux, applications, assistant vocal…un outil s’inscrivant dans le prolongement de l’Homme.

Un portrait idyllique, certes, mais qui, en décortiquant chacune de ses fonctions, ne s’apparente finalement qu’à un «compromis» entre accessibilité et performances (relatives).

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 Exemple frappant, la photographie, les constructeurs nous vantant les mérites de leurs «photophones» à chacune de leurs itérations. J’en conviens, il est fort aisé de braquer spontanément son smartphone pour capturer nos tranches de vie en une instantanéité similaire à un clignement d’oeil, mais quid de la qualité?

Dès lors que l’on souhaite figer nos photos sur papier glacé, la bas blesse. Le rendu étant bien plus terne que sur les écrans flatteurs des smartphones et tablettes. Et c’est en ces dimanche pluvieux où je feuillette mes souvenirs de nourrisson, dans un album de 30 ans d’âge, que je prends conscience que les photos d’antan n’ont rien à envier aux photophones d’aujourd’hui. Bref, j’ai donc peu hésité à investir dans un appareil photo dédié, nul doute que Maëla saura m’en tenir gré lors des après-midi pluvieux qui arroseront ses futures journées teintées d’un soupçon de nostalgie…

En tant que joueur assidu depuis l’époque où les bits se comptaient sur les doigts des deux mains, je n’ai pas peur d’avouer que je prends parfois plaisir à salir, les écrans multitouch, de mes phalanges. Mais le plaisir immédiat, a souvent fait suite à une lassitude palpable, la faute à du gameplay souvent limité, ou inutilement compliqué quand il s’agit de singer les commandes des pads physiques. Malgré quelques pépites qui valent le coup d’être jouées, le «snack gaming» n’est aucunement un substitut au jeu traditionnel, mais est plutôt à considérer comme un complément aux consoles nomades et de salon (et aux PC)

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Les initiatives ne sont pourtant point vaines, à l’instar de l’Apple Tv qui permet de streamer sur son téléviseur les jeux ios, ou encore de proposer un semblant de gameplay asymétrique à l’image de Real Racing 2. Soit, mais en la matière la Wii U se montre bien plus convaincante.

Ayons quelques instants une pensée pour nos aïeux. Leurs habitats de l’époque étaient centrés autour de quelques points clés, ou pièces maîtresses. Leurs conforts plus rudimentaires mettaient l’accent sur des besoins essentiels : s’alimenter, se réunir, se réchauffer, se divertir (aussi). Mais au fil des générations et évolutions technologiques, la cheminée d’autrefois a, quelque part, céder sa place à la télévision.

Bel objet, s’il en est, s’intégrant harmonieusement dans nos salons modernes, un meuble lui étant entièrement dédié, son emplacement étant réfléchi avec soin et le canapé positionné de sorte à ce que tous les membres d’une famille puisse bénéficier du meilleur angle de vision possible. Et c’est en somme légitime, tant son utilisation s’intensifie autant qu’elle nous divertit. On y adjoint nos consoles de jeux, platines bluray, box internet, elles se veulent connectées (smart tv) et il n’a jamais été aussi simple d’y consommer divers médias.

Qu’il est loin le temps où son utilisation se résumait à consulter une poignée de chaînes hertziennes! C’est, in fine, l’objet de toutes les convoitises, et c’est, à mon sens, par son intermédiaire que les géants de l’électronique veulent s’immiscer afin d’imposer leur vision de l’industrie du divertissement (et de la consommation).  Cela commence à se mettre en application de manière croissante. Les consoles de salon convergent vers d’autres media (je pense notamment à la dernière née de Nintendo, la Wii U, qui de par l’utilisation de l’écran tactile de son gamepad, rend aisée la consultation de contenus web sur la télé, ou sur la manette – au choix), les smart tv (sus-citées) qui proposent un catalogue d’applications et de vod, l’Apple Tv qui, entre autres fonctionnalités, streame le contenu des devices ios. Les idées et les produits sont là, mais leurs utilisations restent cependant soumises à des contraintes entre performances et accessibilité.

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L’analyse de Maëla : la machine unique n’existe pas, et n’existera peut être jamais, en tout cas je n’y crois pas (plus). En revanche, il y a matière à proposer un écosystème unifié entre différents appareils proposant, chacun, des fonctionnalités qui leur sont dédiées. Une «inter-connectivité» permanente, en somme, et les dernières avancées en la matière semble abonder dans ce sens. MacOs et iOs s’unifient (peut être se confondront-ils un jour) au fil des versions, tout en proposant un partage de données, transparent, entre chaque appareil griffé de la Pomme, le défi de Windows 8 est de vouloir s’adapter aussi bien aux commandes tactiles des tablettes qu’aux PC traditionnels (on pourrait, pourquoi pas, envisager que le système d’exploitation de Microsoft serve d’interface à la prochaine Xbox), et leur dernière acquisition, R2 Studios*, suit cette logique. Gardons à l’esprit, que ce type de stratégie vise à fidéliser le client à une marque, dans la mesure où l’expérience utilisateur ne sera totale qu’après acquisition de tous les appareils, ou devices, «pilotés» par un écosystème unifié.

*R2 Studios est une société américaine spécialisée dans les technologies visant à offrir une connectivité entre différents appareils.

L’analyse de Brioche : L’appareil «unique», je lui ai couru derrière pendant plus de 10 ans. De mon 1er smartphone en 2002 au Galaxy Note l’an dernier, en passant par une smart tv, toutes les consoles du marché et divers boîtiers multimédia, j’aurai vraiment tout tenté pour le trouver. En vain. Je m’y suis fait une raison : apparemment, cela n’intéresse aucun constructeur. Puis, ces derniers auraient beau faire preuve de bon sens, on ne pourrait pas aller en dessous de 2 appareils: mon smartphone ne remplacera jamais ma tv, et cette dernière ne rentrera jamais dans ma poche, même si je ressors mes vieux baggyes. Mais quand même, pourquoi aucun fabricant ne s’est donné la peine d’essayer de faire un peu plus? Alors que box, consoles de jeu et télévisions embarquent de plus en plus de services, certaines fonctionnalités évidentes manquent toujours à l’appel: tel appareil ne décode pas tous les fichiers vidéos, impossible de surfer sur le net depuis celui-là, un autre le fera mais ne communiquera qu’avec un nombre restreint d’autres appareils… Les «stores» intégrés poussent certainement les constructeurs à limiter leurs machines à leur écosystème afin d’inciter les gens à acheter leurs films, séries et musique chez eux. Mais quid de ce qui n’ont rien à vendre, et donc tout à y gagner? Mystère. A moins que ce soit un coup monté des fabricants de multiprises, seules vrais gagnants de ce bordel technologique ! 

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